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Le 16 octobre 2026, à Addis-Abeba, la 65e session plénière du Giec a été suspendue sans accord. Ni le calendrier du prochain grand rapport sur le climat ni son budget n'ont été adoptés.
L’essentiel en 3 points
- Les États membres du Giec ne s'entendent pas sur les dates de publication des trois rapports du septième cycle, qui pourraient glisser jusqu'en 2029.
- Le débat oppose la volonté de mieux représenter la recherche du Sud et l'urgence d'informer les gouvernements avant le bilan mondial de 2028.
- Faute de budget approuvé, des réunions d'auteurs prévues début 2027 sont menacées, et une reprise virtuelle est prévue du 1er au 3 décembre 2026.
Une réunion à Addis-Abeba qui se termine sans décision
Du 12 au 16 octobre 2026, environ 334 personnes se sont retrouvées dans la capitale éthiopienne. Parmi elles, 225 représentants venus de 115 pays.
Après plusieurs jours de discussions, la plénière n'a pas réussi à transformer les propositions en une décision partagée. La session a donc été suspendue.
C'est le sixième échec consécutif depuis 2024 pour fixer les échéances du septième cycle d'évaluation. Une situation inhabituelle pour cette institution scientifique.
Le Giec a été créé en 1988 et réunit aujourd'hui 195 États membres. Il rassemble des travaux scientifiques déjà publiés pour éclairer les décideurs, sans leur dicter de politique.
Retarder les travaux au nom des pays du Sud pourrait priver certains d'entre eux des outils qu'ils jugent indispensables.
Trois rapports, plusieurs calendriers possibles
Le septième cycle prévoit trois rapports majeurs. Le premier porte sur les mécanismes physiques du réchauffement, le deuxième sur ses conséquences et l'adaptation.
Le troisième rapport traite des moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Une synthèse finale est envisagée pour 2029.
Le désaccord concerne surtout les dates de sortie de ces trois contributions. Elles peuvent en effet être publiées à des moments différents.
- 16 octobre 2026 : suspension de la 65e session plénière du Giec à Addis-Abeba.
- Six échecs consécutifs depuis 2024 pour fixer le calendrier du septième cycle.
- Quatre scénarios encore sur la table, de 2028 à juillet 2029 selon les rapports.
- Réunions d'auteurs du début 2027 menacées faute d'autorisation budgétaire.
- Deuxième bilan mondial de l'Accord de Paris attendu en 2028 lors de la COP33.
- Reprise virtuelle de la session prévue les 1er, 2 et 3 décembre 2026.
| Rapport du septième cycle | Sujet traité | Dates envisagées |
|---|---|---|
| Premier rapport | Mécanismes physiques du réchauffement | 2028 |
| Deuxième rapport | Impacts, vulnérabilité et adaptation | 2028 ou avril 2029 |
| Troisième rapport | Réduction des émissions de gaz à effet de serre | 2028, février 2029 ou juillet 2029 |
| Synthèse finale | Bilan de l'ensemble du cycle | Envisagée pour 2029 |
Sept scénarios examinés, quatre retenus, aucun adopté
Sur le papier, les positions se sont rapprochées. Sept scénarios ont été étudiés, puis réduits à quatre options.
Certains prévoient la publication des trois évaluations dans le courant de l'année 2028. D'autres repoussent l'adaptation à avril 2029 et la réduction des émissions à juillet 2029.
Une formule intermédiaire garde les deux premiers rapports en 2028 et décale celui sur l'atténuation à février 2029. Aucun compromis n'a pourtant convaincu tout le monde.
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Une fracture qui traverse aussi les pays du Sud
Des États européens, plusieurs pays d'Amérique latine et des petits États insulaires veulent une publication rapide. Ils souhaitent disposer des résultats au plus tôt.
À l'inverse, l'Arabie saoudite, l'Inde, la Russie, la Chine et le Kenya figurent parmi les pays qui demandent davantage de temps pour les travaux ou leur examen.
Le clivage ne se résume donc pas à une opposition entre pays riches et pays pauvres. Il révèle aussi des priorités différentes au sein même du Sud mondial.
L'argument d'une science plus équitable
Les partisans d'un calendrier plus long pointent une difficulté réelle. La recherche sur le climat ne se fait pas dans les mêmes conditions partout.
Les institutions bien financées publient davantage et accèdent plus facilement aux données. Des équipes du Sud manquent parfois de moyens pour mener leurs études et participer aux longues expertises.
Ce déséquilibre pèse sur les questions posées, notamment l'énergie, les infrastructures ou la responsabilité historique des émissions. L'objectif serait d'intégrer davantage de recherches locales et de publications non anglophones.
Quelques mois de plus peuvent faciliter certains travaux. Mais ce délai ne garantit pas, à lui seul, une représentation plus juste.
Le rythme habituel compte aussi. Les cycles durent en général cinq à sept ans, et les auteurs n'ont été choisis qu'en août 2025.
Sans budget voté, une impasse diplomatique peut vite devenir une paralysie très concrète pour les scientifiques.
Un budget bloqué et un rendez-vous majeur en 2028
Pour les États insulaires et certains pays parmi les moins avancés, attendre n'est pas une option. Ils ont besoin de connaissances utilisables pour protéger leurs habitants et défendre leurs besoins.
Une coalition d'environ 30 pays réclame une publication assez précoce pour éclairer les décisions de 2028. Retarder au nom du Sud pourrait priver une partie de celui-ci d'outils essentiels.
Autre point de blocage : le budget. Une proposition visait à voter au moins celui de 2027 pour laisser les groupes avancer, mais elle n'a pas abouti.
Certaines délégations craignaient d'approuver indirectement un calendrier contesté. D'autres jugeaient un financement provisoire indispensable pour éviter une paralysie des travaux.
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Questions fréquentes
Pourquoi le prochain rapport du Giec est-il retardé ?
Les États membres ne parviennent pas à s'accorder sur les dates de publication ni sur le budget du septième cycle. La session d'Addis-Abeba a été suspendue le 16 octobre 2026 sans décision.
Quand sortira le prochain rapport du Giec ?
Rien n'est encore fixé. Selon les scénarios discutés, les rapports pourraient paraître en 2028 ou être décalés jusqu'en avril et juillet 2029.
Quels pays veulent repousser le rapport du Giec ?
L'Arabie saoudite, l'Inde, la Russie, la Chine et le Kenya figurent parmi les pays qui demandent plus de temps. Des États européens, latino-américains et insulaires veulent au contraire une publication rapide.
Quel lien entre le Giec et la COP33 ?
Le deuxième bilan mondial de l'Accord de Paris doit être présenté en 2028, à la COP33. Si certains rapports sortent en 2029, les négociateurs n'auront pas l'évaluation complète à ce moment-là.
Combien de pays font partie du Giec ?
Le Giec compte 195 États membres. Il a été créé en 1988 pour rassembler les connaissances scientifiques déjà publiées sur le climat.
Quelle est la prochaine réunion du Giec ?
Un courrier du secrétariat daté du 26 octobre propose une reprise virtuelle les 1er, 2 et 3 décembre 2026. Le calendrier et le budget y seront de nouveau discutés.
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