Elle fait poser des fenêtres double vitrage neuves près d’Annecy : chaque matin de novembre, les vitres ruissellent et l’appui de fenêtre noircit

Ne manquez aucune actuSuivez-nous sur Google News

Il était six heures et demie, le radiateur de la chambre cliquetait doucement, et dehors la nuit restait épaisse sur le lac. Claire a tiré le rideau d'un geste machinal. Sous ses doigts, le tissu était humide. Sur la vitre toute neuve, des gouttes descendaient lentement, se rejoignaient et formaient une petite flaque sur l'appui de fenêtre en bois clair.

Une maison de famille au-dessus du lac, et des hivers trop chers

Claire a cinquante-huit ans et vit depuis vingt-deux ans dans une maison des années soixante-dix, à Sevrier, sur la rive ouest du lac d'Annecy. Elle est infirmière de nuit à l'hôpital, son mari Bernard est artisan menuisier à la retraite. Leurs deux enfants sont partis, mais la maison garde leurs chambres, leurs posters décolorés et les marques de crayon sur le chambranle de la cuisine.

La maison est solide, construite en parpaings, avec un toit refait il y a dix ans et une chaudière au gaz qui ronronne dans le garage. Pendant longtemps, les factures ne les ont pas vraiment inquiétés. Ils allumaient le chauffage en octobre, l'éteignaient en avril, et personne ne se posait plus de questions que ça.

Les vieilles fenêtres en bois, elles, laissaient passer l'air. Bernard le savait mieux que quiconque, lui qui avait passé sa vie à raboter des cadres. On sentait un filet froid près du canapé, les rideaux bougeaient les soirs de bise. Mais on s'y faisait, comme on s'habitue au parquet qui grince dans le couloir ou à la porte du cellier qui ferme mal.

Le devis signé au printemps pour enfin arrêter de chauffer dehors

L'hiver dernier, la facture de gaz a dépassé deux mille quatre cents euros. Claire l'a posée sur la table de la cuisine, a regardé Bernard, et la décision s'est prise ce soir-là. Ils changeraient toutes les fenêtres avant l'hiver suivant. Douze ouvertures, du double vitrage performant, des menuiseries en PVC blanc, avec une aide publique pour alléger un peu la note.

L'installateur, une entreprise d'Annecy recommandée par une voisine, est venu en avril. Le commercial a mesuré chaque baie, expliqué les joints, le gaz argon entre les verres, le gain de confort promis. Le devis approchait les quatorze mille euros avant aides. Bernard a lu chaque ligne, posé quelques questions techniques, puis il a signé avec un petit hochement de tête satisfait.

La pose a eu lieu fin septembre, en trois jours. Deux ouvriers efficaces, polis, qui ont tout nettoyé derrière eux. Le premier soir, Claire s'est assise sur le canapé et n'a plus senti le moindre courant d'air. Elle a dit à Bernard qu'on se croirait dans une maison neuve. Le silence aussi la frappait, plus de voitures sur la route, plus de vent.

« Le premier soir, je me suis assise sur le canapé et je n'ai plus senti un seul courant d'air, j'étais ravie. »

Une buée tenace que personne ne veut prendre au sérieux

Les premières semaines d'octobre ont été douces, presque estivales. Puis novembre est arrivé avec ses matins gris et ses températures proches de zéro. Un lundi, Claire a remarqué de la buée en bas des vitres de la chambre. Elle a passé un coup de chiffon, sans y penser davantage. Après tout, il faisait froid, et la buée, on connaît tous ça.

Mais la buée est revenue le lendemain, et le jour suivant, plus haute à chaque fois. Bientôt, ce n'était plus un voile mais de vraies gouttes qui coulaient sur l'appui. Dans la salle de bains, la petite fenêtre restait trempée jusqu'à midi. Dans la chambre des enfants, inoccupée et peu chauffée, une auréole sombre est apparue au coin du plafond.

Bernard, lui, a d'abord haussé les épaules. Avec les anciennes fenêtres, ça ne faisait jamais ça, a-t-il remarqué en séchant le rebord avec une serpillière. Cette phrase, ils allaient la répéter souvent. Elle contenait déjà la réponse, mais aucun des deux ne l'entendait. Pour eux, si un produit neuf faisait des choses qu'un vieux ne faisait pas, c'est qu'il était défectueux.

Des serviettes sur les rebords et un appel agacé à l'installateur

Vers la mi-novembre, Claire a pris l'habitude de poser de vieilles serviettes roulées sur chaque appui de fenêtre avant de se coucher. Le matin, elle les essorait au-dessus de l'évier. Elle a commencé à sentir une odeur de renfermé dans la chambre du fond. Un joint de silicone, autour d'une fenêtre, avait pris une teinte grise inquiétante.

Elle a appelé l'entreprise un mardi matin, après une nuit de garde, fatiguée et franchement agacée. J'ai payé quatorze mille euros pour des fenêtres qui pleurent, a-t-elle dit à la secrétaire, qui a noté le problème sans trop insister. Un technicien passerait la semaine suivante. En attendant, Bernard a démonté une poignée, vérifié les joints, cherché une fuite qu'il ne trouvait pas.

Une voisine leur a conseillé d'acheter un déshumidificateur électrique. Un collègue de Claire pensait que le double vitrage était sûrement mal scellé, que le gaz s'était échappé. Sur un forum, Bernard a lu des récits d'arnaques à la rénovation. Chaque avis ajoutait une hypothèse, et la maison, elle, continuait de ruisseler chaque matin, avec une régularité presque moqueuse.

« J'ai payé quatorze mille euros pour des fenêtres qui pleurent tous les matins, alors oui, j'appelle pour un défaut. »

Le technicien regarde les vitres, puis lève les yeux vers le plafond

Le technicien s'appelait Yann, une trentaine d'années, une sacoche usée sur l'épaule. Il a posé la main à plat sur une vitre, puis sur le rebord, et a sorti un petit boîtier gris de sa poche. Il l'a laissé quelques minutes sur la commode. L'écran affichait soixante-dix-huit pour cent d'humidité. Il a montré le chiffre à Claire sans un mot.

Ensuite, il a fait le tour de la maison. Dans la salle de bains, la bouche de ventilation était encrassée, presque bouchée par une couche de poussière grasse. Dans le salon, les nouvelles fenêtres n'avaient pas d'entrée d'air, alors que les anciennes laissaient passer le vent partout. Votre maison respirait par les trous, maintenant elle ne respire plus du tout, a-t-il résumé.

Le problème n'était ni le vitrage ni la pose. L'eau venait de l'intérieur : les douches, la cuisine, le linge qui séchait dans le cellier, la respiration de deux personnes la nuit. Autrefois, cette vapeur filait par les jointures des vieilles menuiseries. Désormais, enfermée, elle se déposait sur la surface la plus froide de la pièce, c'est-à-dire la vitre.

Ce que la maison étanche a obligé Claire et Bernard à revoir

Yann a fait nettoyer la VMC et changer le moteur, fatigué après vingt ans de service. L'entreprise a accepté de poser des entrées d'air sur les menuiseries des pièces principales, pour environ trois cents euros. Claire a acheté deux hygromètres à une quinzaine d'euros, un dans la chambre, un dans le salon. Elle les consulte désormais comme d'autres regardent la météo.

Leurs habitudes ont changé aussi. Le linge sèche au garage ou sur un étendoir près de la VMC. Claire ouvre grand les fenêtres dix minutes chaque matin, même quand il gèle. Bernard couvre les casseroles. Je n'aurais jamais cru qu'on fabriquait autant d'eau rien qu'en vivant, avoue-t-il. En trois semaines, les hygromètres sont redescendus autour de cinquante pour cent.

Soyons honnêtes, la facture de gaz a bien baissé, et la maison est enfin confortable. Mais Claire raconte souvent son histoire aux voisins qui envisagent des travaux. Les fenêtres neuves font exactement ce qu'on leur demande : elles ferment. À chacun ensuite de redonner à la maison une manière de respirer, sinon c'est sur les vitres qu'elle le rappelle chaque matin.

« Votre maison respirait par les trous de vos vieilles fenêtres, maintenant elle ne respire plus du tout, voilà tout. »

  • Placer un hygromètre dans les pièces de vie et viser entre 40 et 60 % d'humidité.
  • Vérifier que les fenêtres neuves des pièces principales disposent d'entrées d'air, sans jamais les boucher.
  • Nettoyer les bouches de VMC de la cuisine et de la salle de bains, et contrôler que le moteur tourne.
  • Aérer en grand cinq à dix minutes chaque jour, même par temps froid.
  • Éviter de faire sécher le linge dans les pièces fermées et couvrir les casseroles en cuisinant.
  • Demander à l'installateur, avant les travaux, comment sera assurée la ventilation après la pose.

Suivi de l'histoire

Partager :WhatsAppFacebookX
Emilie Morlaes
Emilie Morlaes

Émilie Morlaes a toujours été passionnée par l'écologie et par une façon de vivre plus simple : produits sans chimie, bio, fait maison, consommation raisonnée. Ancienne gérante d'un salon de coiffure à La Grande-Motte, elle suit de près tout ce qui touche à l'environnement, à l'alimentation et aux produits du quotidien, et partage ici ce qui change concrètement pour vous.

Articles: 746
Alternatiba news est un média édité par Lead Lagoon · Nos autres sites : Bohémiennes Actualités
Directeur de la publication : Stéphane Dubart, CEO de Lead Lagoon