Il passe à l’offre Tempo pour alléger la facture de sa maison : en janvier, la note dépasse celle de l’hiver précédent

Ne manquez aucune actuSuivez-nous sur Google News

Sept heures moins le quart, un mardi de janvier, dans une maison de lotissement près de Besançon. Le givre colle aux vitres de la cuisine, les convecteurs claquent doucement en se remettant à chauffer. Thierry, en pull de laine, pose son téléphone à côté du bol de café. Sur l'écran, l'application d'EDF affiche un montant qu'il relit trois fois sans y croire.

Une maison des années soixante-dix, des convecteurs et des habitudes tranquilles

Thierry a 54 ans, il est technicien de maintenance dans une fromagerie industrielle du Doubs. Avec Nathalie, aide-soignante, il vit depuis dix-neuf ans dans une maison de plain-pied construite en 1976. Les murs sont épais, mais l'isolation date d'une autre époque, et les fenêtres du salon laissent passer un filet d'air quand le vent tourne au nord. Le chauffage, c'est huit convecteurs électriques, un par pièce, plus un sèche-serviettes dans la salle de bains qu'on oublie souvent d'éteindre.

Chaque hiver, le couple suit la même routine sans vraiment y penser. Le thermostat du salon reste à vingt degrés, celui des chambres un peu moins, et la maison ronronne de novembre à avril. Le ballon d'eau chaude chauffe la nuit, la machine à laver tourne le samedi matin, le four sert presque tous les soirs. Leur fille est partie faire ses études à Lyon, mais elle revient souvent le week-end avec son linge sale, ce qui fait sourire sa mère.

Pendant des années, la facture d'électricité n'a pas été un sujet de dispute chez eux. Elle était lourde, certes, mais prévisible, prélevée chaque mois sur le compte commun avec une régularisation au printemps. Puis les prix ont augmenté, plusieurs fois de suite, et Thierry a commencé à regarder les relevés de plus près. L'hiver dernier, la consommation de janvier avait coûté un peu plus de trois cents euros, et il s'était promis de trouver une solution avant le froid suivant.

Un collègue convaincu, un simulateur et une décision prise un soir d'octobre

La solution est arrivée par Fabrice, un collègue de l'équipe de nuit, pendant une pause devant la machine à café. Fabrice était passé à l'offre Tempo d'EDF deux ans plus tôt et ne jurait plus que par elle. Il expliquait que la plupart des jours de l'année étaient bleus, avec un kilowattheure moins cher que le tarif classique, et que les heures creuses devenaient vraiment intéressantes. Thierry l'écoutait en hochant la tête, déjà en train de faire des calculs dans sa tête.

Le principe lui semblait simple, presque trop beau. Il y a des jours bleus, les plus nombreux et les moins chers, des jours blancs, un peu plus chers, et quelques jours rouges, réservés aux grands froids. Fabrice avait balayé ces derniers d'un geste de la main, en disant qu'il suffisait de faire attention. Moi, j'ai économisé presque deux cents euros la première année, avait-il lancé en écrasant son gobelet. Thierry est rentré chez lui avec cette phrase en tête.

Un soir d'octobre, il s'est installé à la table de la cuisine avec l'ordinateur portable et ses anciennes factures. Il a rempli un simulateur en ligne, un peu vite, en entrant sa consommation annuelle sans détailler les mois d'hiver. Le résultat annonçait une économie, modeste mais réelle. Nathalie lui a demandé s'il était sûr de lui, il a répondu qu'il n'y avait rien à perdre. Le changement de contrat s'est fait en quelques clics, sans déplacement de technicien, grâce au compteur Linky installé trois ans plus tôt.

« Moi, j'ai économisé presque deux cents euros la première année, il suffit de faire un peu attention. »

Novembre se passe bien, et personne ne regarde la couleur du jour

Les premières semaines ont donné raison à Thierry, ou du moins c'est ce qu'il a cru. Novembre a été doux, avec des journées grises mais sans gel, et presque tous les jours sont restés bleus. Il consultait l'application le soir, voyait des montants raisonnables, et s'en vantait un peu auprès de Nathalie. Il avait programmé le ballon d'eau chaude et la machine à laver sur les heures creuses, la nuit, comme Fabrice le lui avait conseillé. Tout semblait fonctionner exactement comme prévu.

Il y a pourtant eu un premier signal, début décembre, qu'il n'a pas pris au sérieux. Un matin, en ouvrant l'application, il a vu une petite pastille rouge à côté de la date, accompagnée d'une notification arrivée la veille vers onze heures. Il était au travail, le téléphone dans son casier, et il ne l'avait pas lue. Ce jour-là, les convecteurs ont tourné comme d'habitude, le four a cuit un gratin, et la maison est restée à vingt degrés du matin au soir.

Le soir, Nathalie a remarqué le chiffre de la journée, nettement plus élevé que les autres, et lui en a parlé pendant le dîner. Thierry a haussé les épaules en disant qu'un jour, ça ne changeait pas grand-chose sur une année. Soyons honnêtes, beaucoup d'entre nous auraient réagi pareil, parce qu'un chiffre isolé ne fait pas peur. Deux autres jours rouges sont passés avant Noël, puis la famille est partie chez la sœur de Nathalie, et la question est sortie de leurs têtes.

Le froid de janvier s'installe et les jours rouges s'enchaînent

Après les fêtes, le froid est arrivé d'un coup, sec et durable, avec des nuits à moins huit sur le plateau. Les jours rouges se sont mis à tomber les uns après les autres, parfois trois ou quatre dans la même semaine. Thierry recevait les alertes mais ne savait pas vraiment quoi en faire. Baisser le chauffage quand il fait moins huit dehors, dans une maison mal isolée, lui paraissait impossible. Nathalie rentrait de ses gardes transie, et personne n'avait envie de dîner en manteau.

Il a d'abord essayé quelques gestes, un peu au hasard. Il a décalé la lessive, éteint le sèche-serviettes, baissé d'un degré le thermostat des chambres. Mais les convecteurs du salon et de la cuisine tournaient toujours en continu pendant la journée, aux heures pleines. Un dimanche, il a appelé Fabrice pour lui demander comment il faisait, lui. Fabrice a eu un petit silence au téléphone, puis il a avoué un détail qu'il n'avait jamais mentionné pendant les pauses café.

Chez lui, le chauffage principal était un poêle à granulés, installé quelques années plus tôt, et les radiateurs électriques ne servaient presque plus les jours rouges. Thierry a raccroché avec une boule dans le ventre. Il a appelé le service client d'EDF le lundi, persuadé qu'il y avait une erreur de relevé ou un compteur mal paramétré. La conseillère a vérifié, patiemment, puis lui a confirmé que tout était normal. Les index étaient justes, les couleurs correspondaient bien au calendrier, et le contrat fonctionnait exactement comme prévu.

« J'avais compté les jours, pas les kilowattheures, et c'est là que tout s'est joué. »

Ce n'était pas le compteur, c'était le prix des jours rouges

La conseillère lui a expliqué ce qu'il n'avait pas pris le temps de lire en octobre. L'offre Tempo compte chaque année vingt-deux jours rouges, placés entre le premier novembre et le trente et un mars, uniquement en semaine, quand le réseau électrique est le plus sollicité. Ces jours-là, le kilowattheure en heures pleines coûte environ trois fois le prix du tarif bleu classique. Il ne s'agissait pas d'un supplément de quelques centimes, mais d'un tout autre niveau de prix.

Thierry a sorti une feuille et refait ses calculs, cette fois mois par mois. Une grande partie de ses jours rouges était tombée en janvier, pile au moment où sa maison réclamait le plus de chaleur. Ses convecteurs, qui chauffaient surtout en journée, consommaient précisément aux heures les plus chères de l'année. Les économies des jours bleus, réelles, ne pesaient presque rien face à ces quelques journées. J'avais compté les jours, pas les kilowattheures, a-t-il soupiré devant Nathalie, en reposant son stylo sur la table.

Le simulateur ne s'était pas vraiment trompé, c'est lui qui l'avait mal nourri. En entrant une consommation annuelle globale, il avait laissé l'outil supposer une répartition qui ne correspondait pas à une maison toute électrique mal isolée. L'offre Tempo n'est pas un piège, elle repose sur un contrat implicite : on paie moins cher presque toute l'année, à condition de réduire fortement sa consommation pendant ces vingt-deux jours. Fabrice pouvait le faire grâce à son poêle, Thierry n'avait aucun moyen de le faire.

Ce que la facture de janvier a changé dans la maison

La facture de janvier a finalement dépassé de plus de soixante euros celle de l'hiver précédent, pour un froid à peine plus vif. Thierry et Nathalie ont longtemps hésité avant de décider quoi faire. Repasser au tarif bleu était possible, mais il restait encore plusieurs jours rouges à venir en février et en mars. Ils ont choisi de finir l'hiver en appliquant des règles strictes ces jours-là, et de faire le bilan au printemps, avec les chiffres de toute la saison sous les yeux.

Les jours rouges sont devenus une affaire de famille, presque un jeu. La veille, dès l'alerte reçue, Thierry pousse le chauffage pendant les heures creuses, jusqu'à six heures du matin, pour stocker un peu de chaleur dans les murs. Le lendemain, les chambres descendent à seize degrés, le four reste éteint, on mange des plats préparés la veille. Nathalie a ressorti les plaids et les bouillottes. On a l'impression de camper chez nous, mais au moins on sait pourquoi, dit-elle en riant à moitié.

Au-delà de ce contrat, l'épisode a surtout mis le doigt sur la vraie faiblesse de la maison. Un conseiller France Rénov' leur a parlé d'isolation des combles et du remplacement des fenêtres du salon, des travaux qui réduiraient la consommation quel que soit le tarif. Thierry y pense désormais sérieusement. Avant de changer d'offre, voici ce que le couple conseille de regarder chez soi, avec ses propres factures et sa propre maison, plutôt qu'avec l'expérience d'un collègue enthousiaste.

« Baisser le chauffage quand il fait moins huit dehors, chez nous, franchement, je ne voyais pas comment faire. »

  • Tempo compte 22 jours rouges par an, en semaine, entre le 1er novembre et le 31 mars.
  • Aux heures pleines d'un jour rouge, le kilowattheure coûte environ trois fois le tarif bleu.
  • Simulez avec votre consommation mois par mois, surtout celle de décembre à février.
  • Demandez-vous si vous pouvez réellement baisser votre chauffage ces jours-là, poêle ou bois à l'appui.
  • Activez les alertes de la veille et chauffez davantage en heures creuses avant un jour rouge.
  • Une maison mal isolée gagne souvent plus à des travaux d'isolation qu'à un changement d'offre.

Suivi de l'histoire

Partager :WhatsAppFacebookX
Emilie Morlaes
Emilie Morlaes

Émilie Morlaes a toujours été passionnée par l'écologie et par une façon de vivre plus simple : produits sans chimie, bio, fait maison, consommation raisonnée. Ancienne gérante d'un salon de coiffure à La Grande-Motte, elle suit de près tout ce qui touche à l'environnement, à l'alimentation et aux produits du quotidien, et partage ici ce qui change concrètement pour vous.

Articles: 314