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En 2023 à Dubaï, près de 200 pays promettaient de sortir des énergies fossiles. À l'approche de la COP31 en Turquie, le pétrole, le gaz et le charbon restent pourtant au cœur de notre quotidien.
L’essentiel en 3 points
- Les énergies fossiles fournissent encore entre 81 % et 86 % de l'énergie mondiale selon les sources.
- Le solaire progresse vite, mais la transition concerne surtout l'électricité, soit 23 % de la consommation finale.
- La sortie des fossiles ne figure pas à l'ordre du jour officiel de la COP31 en Turquie.
Une promesse de Dubaï qui tarde à se traduire dans les chiffres
Lors de la COP28 à Dubaï en 2023, près de 200 pays se sont engagés à engager une transition hors des énergies fossiles. C'était présenté comme un tournant historique.
Depuis, la production mondiale de pétrole, de charbon et de gaz a pourtant continué d'augmenter. Cela malgré l'essor réel des énergies renouvelables sur la même période.
Selon le rapport annuel de The Energy Institute, un organisme professionnel basé au Royaume-Uni, l'approvisionnement mondial en énergie a progressé de 1,7 % en 2025.
Les renouvelables ont tiré cette croissance. Mais l'offre fossile a elle aussi grimpé, et elle garde sa position dominante avec 86 % de l'approvisionnement total.
Les énergies ne se remplacent pas forcément : quand le solaire grimpe, le pétrole et le gaz peuvent continuer à progresser.
Un mix énergétique très différent selon les pays
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) retient un chiffre un peu plus bas : 81 % d'énergies fossiles dans le mix mondial en 2024.
Dans le détail, le pétrole pèse 30 %, le charbon 28 % et le gaz 23 %. Autrement dit, chaque grande famille fossile reste massive à elle seule.
Les écarts entre pays sont frappants. Aux États-Unis, premier producteur mondial de gaz et de pétrole, ces deux ressources représentaient chacune 36 % du mix en 2024, et le charbon environ 10 %.
- Près de 200 pays ont promis à Dubaï en 2023 de sortir des énergies fossiles.
- Les fossiles représentent 86 % de l'approvisionnement énergétique mondial selon The Energy Institute.
- Le solaire a progressé de 28 % en 2025 et fournit 8,5 % de l'électricité mondiale.
- L'électricité ne pèse que 23 % de la consommation finale d'énergie.
- La demande de gaz pourrait croître de 30 % d'ici 2050 avec les politiques actuelles.
- La France tire 45 % de son énergie du nucléaire, l'Allemagne 35 % du pétrole.
| Pays | Pétrole | Gaz | Charbon |
|---|---|---|---|
| États-Unis (2024) | 36 % | 36 % | environ 10 % |
| Chine | 18 % | 8 % | 60 % |
| France (2025) | 26 % | 11 % | non précisé |
| Allemagne | 35 % | 28 % | 15 % |
| Monde (2024) | 30 % | 23 % | 28 % |
La France à part en Europe
En Chine, qui consomme plus d'un quart de l'énergie mondiale, le charbon assure 60 % du mix, devant le pétrole à 18 % et le gaz à 8 %.
La France se distingue avec 45 % de son énergie issue du nucléaire en 2025, contre 26 % pour le pétrole et 11 % pour le gaz.
Son voisin allemand dépend davantage des fossiles : 35 % de pétrole, 28 % de gaz et 15 % de charbon, toujours selon l'AIE.
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Le solaire s'envole, mais seulement sur l'électricité
Les renouvelables avancent vite, portées par l'électrification des usages, comme les voitures électriques ou les pompes à chaleur.
En 2025, la production d'électricité solaire a bondi de 28 % dans le monde. Elle atteint désormais 8,5 % de la production électrique, presque au niveau de l'éolien et du nucléaire, selon un rapport de l'AIE paru en juillet.
Le problème, c'est que l'électricité ne représente que 23 % de la consommation finale d'énergie mondiale. Le reste, pour le chauffage, les transports ou l'industrie, repose encore largement sur les fossiles.
Une électricité encore très carbonée
Même l'électricité reste principalement produite à partir de fossiles. Le charbon en fournit 34 % et le gaz 22 %, tandis que les renouvelables apportent 34 %.
Jean-Baptiste Fressoz, chercheur au CNRS et historien de l'énergie, juge possible un pic de la demande en charbon d'ici 2030. Mais selon lui, la dynamique n'est pas la même pour le gaz et le pétrole.
Il estime que croire à une baisse symétrique des autres énergies quand l'une décolle relève d'une vue de l'esprit. Les sources d'énergie ont tendance à s'additionner plutôt qu'à se remplacer.
Le scénario de l'AIE basé sur les politiques actuelles va dans ce sens. La demande de pétrole augmenterait de 13 % et celle de gaz de 30 % entre 2024 et 2050.
Selon l'historien Jean-Baptiste Fressoz, c'est le marché, plus que les sommets climatiques, qui oriente aujourd'hui les comportements.
La COP31 en Turquie laisse les fossiles hors de l'ordre du jour
Trois ans après le compromis de Dubaï, la sortie des énergies fossiles ne figure pas à l'ordre du jour officiel de la COP31, prévue en Turquie en novembre.
Romain Ioualalen, de l'ONG Oil Change International, rappelle que le sujet avait pris une place centrale et très clivante à la COP30 de Belem, au Brésil, en 2025. Il n'apparaît pourtant pas dans les conclusions.
Cette année, les discussions porteront surtout sur l'électrification. Pour Jean-Baptiste Fressoz, il faut modérer l'importance des COP, car l'essentiel se joue sur le terrain.
Selon Romain Ioualalen, l'Inde ou la Chine parlent peu en diplomatie mais font des efforts colossaux chez elles. Des choix guidés par la hausse des prix, les chaînes d'approvisionnement fragiles et la souveraineté énergétique.
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Questions fréquentes
Quelle est la part des énergies fossiles dans le monde ?
L'AIE l'évalue à 81 % du mix énergétique mondial en 2024. The Energy Institute avance 86 % de l'approvisionnement total en 2025.
Qu'a-t-on décidé à la COP28 de Dubaï ?
Près de 200 pays s'y sont engagés en 2023 à transitionner hors des énergies fossiles. Depuis, la production de pétrole, de gaz et de charbon a pourtant augmenté.
Où et quand se tient la COP31 ?
La COP31 se déroule en Turquie, en novembre. Les discussions doivent surtout porter sur l'électrification.
La sortie des énergies fossiles est-elle au programme de la COP31 ?
Non, elle ne figure pas à l'ordre du jour officiel. Le sujet avait pourtant été central et très clivant à la COP30 de Belem en 2025.
Le solaire progresse-t-il vraiment ?
Oui, la production solaire a bondi de 28 % en 2025. Elle fournit 8,5 % de l'électricité mondiale, presque autant que l'éolien et le nucléaire.
Pourquoi la France utilise-t-elle moins d'énergies fossiles que l'Allemagne ?
La France tire 45 % de son énergie du nucléaire en 2025. L'Allemagne dépend davantage du pétrole, du gaz et du charbon, selon l'AIE.
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