1,5 million de tonnes d’objets réemployés en France en 2024 : ce que révèle le nouveau panorama de l’Ademe sur la seconde main

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Vélos, perceuses, voitures ou vêtements : en France, l'occasion fait désormais partie du quotidien. Le nouveau panorama de l'Ademe montre pourtant que cette dynamique avance à des vitesses très différentes selon les produits.

L’essentiel en 3 points

  • L'Ademe recense 1,5 million de tonnes de biens de consommation et d'équipement réemployés en France en 2024.
  • Le réemploi atteint 76 % pour les véhicules et 87 % pour les bateaux, mais seulement 7 % pour les textiles.
  • Les emballages ménagers (0,6 %) et les matériaux du bâtiment (moins de 1 %) restent très en retard.

Réemploi, réutilisation, recyclage : trois pratiques à ne pas confondre

Ces trois mots sont souvent employés l'un pour l'autre. Ils recouvrent pourtant des réalités bien distinctes, avec des effets différents sur l'environnement.

Le réemploi consiste à utiliser un objet à nouveau pour ce qu'il faisait déjà. Un vélo d'occasion sert toujours à rouler, un meuble revendu garde sa fonction.

La réutilisation intervient plutôt après que l'objet est devenu un déchet. Le produit, ou une partie de ses pièces, retrouve alors un usage.

Le recyclage arrive en dernier : l'objet est transformé en matière première pour fabriquer autre chose. Le réemploi évite donc plusieurs étapes industrielles et économise des ressources.

Un objet d'occasion n'allège vraiment l'empreinte écologique que s'il remplace un achat neuf.

Un secteur qui pèse lourd dans l'économie française

Le panorama de l'Ademe passe en revue dix-sept catégories de produits, matériaux et emballages. Il couvre les biens de consommation, les emballages, le bâtiment, ainsi que les véhicules et bateaux d'occasion.

En 2024, 1,5 million de tonnes de biens de consommation et d'équipement ont connu une seconde vie. Le secteur compte environ 18 250 établissements physiques et 225 acteurs numériques.

Il représente aussi 75 000 emplois équivalent temps plein. Plus de la moitié de ces postes relèvent de l'économie sociale et solidaire.

  • Revendre un objet qui fonctionne encore
  • Le donner à une association ou une ressourcerie
  • Participer à une gratiferia, où tout est gratuit
  • Le faire réparer dans un Repair Café
  • L'échanger avec des proches ou des voisins
  • Le déposer dans la zone de réemploi d'une déchèterie
Catégorie Part réemployée Précision de l'Ademe
Bateaux 87 % Marché de l'occasion très ancien
Véhicules 76 % Revente installée de longue date
Certains appareils de bricolage Jusqu'à 60 % Selon les produits
Textiles 7 % Filière en progression
Emballages ménagers 0,6 % 2,7 milliards d'unités en 2023

Les plateformes numériques changent la donne

Les sites d'annonces et les plateformes spécialisées ont rendu l'achat et la revente beaucoup plus simples. Ils côtoient le dépôt-vente, le reconditionnement d'appareils électroniques et les ressourceries.

Depuis 2017, les volumes écoulés par les commerces d'achat-revente ont augmenté de plus de 50 %. Les acheteurs y cherchent des prix plus doux, mais aussi des garanties et une meilleure traçabilité.

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Des filières qui avancent à des rythmes très différents

Certains marchés reposent sur la revente depuis longtemps. C'est le cas des véhicules, dont 76 % sont réemployés, et des bateaux, qui atteignent 87 %.

Les appareils de bricolage montent jusqu'à 60 % pour certains modèles. Les textiles, eux, plafonnent à 7 %.

Les articles de sport et de loisirs suivent aussi la tendance. Selon une enquête citée par l'Ademe, 61 % des Français en ont acheté au moins un d'occasion en trois ans, hors vélos.

Emballages et bâtiment, les grands retardataires

L'Ademe dénombre 2,7 milliards d'emballages réemployés en 2023. Ce chiffre ne représente pourtant que 0,6 % des emballages ménagers, hors sacs de caisse et recharges.

Contenants non standardisés, collecte, lavage, distances et nombre de rotations freinent la consigne. Un emballage réemployable n'est écologique que si son poids, son transport et ses réutilisations le justifient.

Dans le bâtiment, 240 000 tonnes de matériaux ont été réemployées en 2024, soit moins de 1 % du marché. Une dépose soigneuse coûte plus cher qu'une démolition rapide, et le réemploi doit être prévu avant le chantier.

Dans le bâtiment, le réemploi se prépare avant le chantier, jamais une fois les matériaux mélangés.

Acheter d'occasion sans tomber dans l'effet rebond

La seconde main allège la facture et rend certains équipements plus accessibles. Mais une bonne affaire reste une dépense, qui mobilise aussi du transport.

Son intérêt environnemental dépend de l'acheteur : l'objet d'occasion doit remplacer un achat neuf. Avant de cliquer, mieux vaut se demander si l'on en a vraiment besoin et s'il durera.

Les appareils électriques, sièges auto, équipements de protection et batteries demandent une attention particulière. Une jolie photo ne garantit ni la sécurité ni la conformité.

Pour donner une seconde vie à ses propres objets, l'Ademe propose la plateforme « Que faire de mes objets et déchets ». Elle indique les solutions de don, de réparation et de réemploi à proximité.

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Questions fréquentes

Quelle est la différence entre réemploi et recyclage ?

Le réemploi consiste à utiliser un objet à nouveau pour son usage d'origine, comme un vélo revendu. Le recyclage transforme le produit en matière première pour fabriquer un nouvel objet.

Combien d'objets sont réemployés en France ?

Selon l'Ademe, 1,5 million de tonnes de biens de consommation et d'équipement ont été réemployées en 2024. Le secteur compte environ 75 000 emplois équivalent temps plein.

La seconde main est-elle toujours écologique ?

Pas forcément. L'achat d'occasion doit remplacer un achat neuf pour limiter la production, et il mobilise aussi du transport et de la logistique.

Pourquoi la consigne des emballages progresse-t-elle si peu ?

Le manque de contenants standardisés, la collecte, le lavage, les distances et le nombre de rotations freinent son développement. Le réemploi ne concerne que 0,6 % des emballages ménagers.

Peut-on réutiliser des matériaux de construction ?

Oui : portes, fenêtres, sanitaires, briques, tuiles ou éléments de charpente peuvent resservir. Mais moins de 1 % des matériaux du bâtiment sont réemployés, car la dépose soigneuse coûte plus cher.

Où donner ou faire réparer ses objets près de chez soi ?

Ressourceries, associations, ateliers de réparation et zones de réemploi des déchèteries sont des options locales. La plateforme de l'Ademe « Que faire de mes objets et déchets » recense les solutions à proximité.

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Emilie Morlaes
Emilie Morlaes

Émilie Morlaes a toujours été passionnée par l'écologie et par une façon de vivre plus simple : produits sans chimie, bio, fait maison, consommation raisonnée. Ancienne gérante d'un salon de coiffure à La Grande-Motte, elle suit de près tout ce qui touche à l'environnement, à l'alimentation et aux produits du quotidien, et partage ici ce qui change concrètement pour vous.

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