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La forêt française gagne du terrain chaque année, mais elle va de plus en plus mal. Le dernier bilan de l'IGN, publié mercredi 7 octobre, montre une mortalité des arbres multipliée par 2,5 entre les deux dernières décennies.
L’essentiel en 3 points
- Selon l'IGN, la mortalité des arbres atteint 18,1 millions de mètres cubes par an sur 2016-2024, contre 7,4 sur 2005-2013.
- La croissance annuelle des arbres a reculé d'environ 8 % sur les dix dernières années par rapport à 2005-2013.
- Le puits de carbone forestier est passé de 63 à 39 millions de tonnes de CO₂ par an, un recul d'environ 38 %.
Une forêt qui s'étend mais qui s'affaiblit
En France métropolitaine, la forêt occupe 17,7 millions d'hectares. Cela représente presque un tiers du territoire national.
Sa surface progresse de plus de 100 000 hectares par an en moyenne depuis quinze ans. Sur le papier, la situation semble donc plutôt rassurante.
Pourtant, l'Institut national de l'information géographique et forestière dresse un constat bien plus sombre. Derrière cette expansion, les arbres meurent nettement plus qu'avant.
Le bilan couvre la période 2016-2024. Il n'intègre pas encore les canicules, les incendies et la sécheresse historique de l'été 2026.
La forêt française gagne chaque année plus de 100 000 hectares, mais ses arbres meurent deux fois et demie plus qu'il y a vingt ans.
Une mortalité multipliée par 2,5 en vingt ans
Les chiffres de l'Inventaire forestier national sont parlants. La mortalité annuelle atteint en moyenne 18,1 millions de mètres cubes de bois sur 2016-2024.
Sur la période 2005-2013, elle se limitait à 7,4 millions de mètres cubes par an. L'écart correspond à une multiplication par 2,5.
Rapporté au volume total de bois vivant sur pied, ce bois mort représente en moyenne 0,6 %. La proportion paraît faible, mais la tendance inquiète.
- Surface forestière en métropole : 17,7 millions d'hectares, presque un tiers du territoire.
- Progression de la surface : plus de 100 000 hectares par an en moyenne depuis quinze ans.
- Mortalité annuelle : 18,1 millions de mètres cubes sur 2016-2024.
- Arbres à l'état altéré : 9 %, surtout dans le Nord-Est.
- Croissance des arbres : environ 8 % de moins sur dix ans.
- Carbone séquestré : 39 millions de tonnes de CO₂ par an, contre 63 auparavant.
| Indicateur | 2005-2013 | 2016-2024 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Mortalité annuelle des arbres | 7,4 Mm³/an | 18,1 Mm³/an | Multipliée par 2,5 |
| CO₂ séquestré par an | 63 millions de tonnes | 39 millions de tonnes | Environ -38 % |
| Production biologique annuelle | Référence | En baisse | Environ -8 % |
| Part de bois mort dans le volume sur pied | Non précisé | 0,6 % | Non comparable |
Des arbres affaiblis, surtout dans le Nord-Est
La mortalité n'est qu'une partie du problème. Selon l'IFN, 9 % des arbres présentent un état altéré, principalement dans le Nord-Est du pays.
La plupart des espèces sont touchées. Pour l'IGN, certaines souffrent de maladies spécifiques, d'autres probablement surtout de sécheresses et de canicules répétées.
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Sécheresses, chaleur et insectes : les causes identifiées
L'IGN pointe le poids des changements environnementaux et des bioagresseurs. Ce terme désigne les champignons, les insectes et les bactéries qui s'attaquent aux arbres.
Les sécheresses et les fortes chaleurs se succèdent. Elles rendent les arbres plus fragiles et moins capables de résister aux attaques.
Les pressions humaines s'ajoutent à ces facteurs biologiques et climatiques. Ensemble, elles pèsent sur l'état général des peuplements.
Le rôle des scolytes
Les conditions climatiques actuelles peuvent favoriser certains insectes qui se nourrissent de bois. L'IGN cite en particulier les scolytes.
Ces petits coléoptères profitent d'arbres déjà stressés par le manque d'eau. Leur prolifération accélère alors le dépérissement de parcelles entières.
En une décennie, les forêts du pays ont perdu près de 38 % de leur capacité à absorber le CO₂.
Moins de croissance, moins de carbone capté
Les arbres affaiblis poussent moins vite. La production biologique annuelle, c'est-à-dire la croissance de tous les arbres, recule d'environ 8 % sur dix ans.
Cette baisse a une conséquence directe sur le climat. Une forêt en moins bonne santé absorbe moins de carbone présent dans l'atmosphère.
Le puits forestier français capte 39 millions de tonnes de CO₂ par an sur 2016-2024. Il en captait 63 millions sur 2005-2013, soit un ralentissement d'environ 38 %.
L'IGN apporte toutefois une nuance. Selon l'institut, ce puits tendrait à se stabiliser ces dernières années.
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Questions fréquentes
Pourquoi les arbres meurent-ils de plus en plus en France ?
L'IGN cite le changement climatique, les sécheresses répétées et les fortes chaleurs. Les champignons, insectes et bactéries ainsi que les pressions humaines aggravent la situation.
La forêt française augmente-t-elle ou diminue-t-elle ?
Sa surface augmente de plus de 100 000 hectares par an en moyenne depuis quinze ans. Mais l'état de santé des arbres se dégrade et leur mortalité progresse.
Quelle surface couvre la forêt en France ?
En France métropolitaine, la forêt couvre 17,7 millions d'hectares. Cela correspond à presque un tiers du territoire.
Qu'est-ce qu'un scolyte ?
C'est un insecte qui se nourrit de bois. Selon l'IGN, les conditions climatiques actuelles peuvent favoriser sa présence dans les forêts affaiblies.
Combien de CO₂ la forêt française absorbe-t-elle ?
Elle séquestre en moyenne 39 millions de tonnes de CO₂ par an sur 2016-2024. C'est environ 38 % de moins que sur 2005-2013, mais ce puits tendrait à se stabiliser.
Quelles régions sont les plus touchées par le dépérissement des arbres ?
Selon l'Inventaire forestier national, 9 % des arbres présentent un état altéré. Ils se situent principalement dans le Nord-Est du pays.
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