En Suisse, 20 % du volume des glaciers a déjà disparu : l’ONU alerte sur des dégâts irréversibles au-delà de 1,5 °C

Ne manquez aucune actuSuivez-nous sur Google News

La planète affiche déjà + 1,37 °C de réchauffement et les glaces en paient le prix. Deux expertises de l'ONU, publiées un lundi à l'approche de la COP31, préviennent que franchir 1,5 °C laissera des traces durables, parfois définitives.

L’essentiel en 3 points

  • Selon deux rapports de l'ONU, dépasser 1,5 °C de réchauffement causera des dégâts importants et souvent irréversibles aux glaces et aux mers polaires.
  • Pour les glaces, le seuil de stabilité se situe à 1 °C ou moins, alors que la planète est déjà à + 1,37 °C.
  • Les scientifiques jugent qu'une action rapide sur les énergies fossiles peut encore limiter fortement les dommages.

Ce que disent les deux rapports de l'ONU sur les glaces

Deux expertises publiées par l'ONU se penchent sur un même sujet : ce qui arrive aux glaces quand la planète dépasse 1,5 °C de réchauffement.

Ce chiffre n'est pas choisi au hasard. C'est le plafond visé par l'Accord de Paris, calculé par rapport à l'époque préindustrielle, avant l'essor du charbon et du pétrole.

Selon l'un des documents, le franchir entraînera des conséquences importantes, et souvent irréversibles, dans la cryosphère et les océans polaires.

La cryosphère désigne toutes les zones du globe où l'on trouve de la neige, de la glace ou des sols gelés en permanence. On pense aux pôles, mais aussi aux montagnes.

La glace fond en quelques années, mais il lui faut parfois des siècles pour se reconstituer.

Une limite déjà trop haute pour les glaciers

Les scientifiques le rappellent : les dégâts ne relèvent pas d'un futur lointain. Ils sont déjà visibles sur le terrain.

En Suisse, environ 20 % du volume des glaciers a disparu. C'est un signal concret, observé dans un pays où la glace fait partie du paysage et de l'économie.

Les rapports soulignent un point qui surprend. L'objectif de 1,5 °C reste un cap diplomatique utile, mais il est jugé trop haut pour la glace elle-même.

  • Réchauffement actuel : + 1,37 °C par rapport à l'ère préindustrielle.
  • Franchissement de 1,5 °C attendu vers 2030, selon Copernicus.
  • Seuil de stabilité des glaces : 1 °C ou moins.
  • Environ 20 % du volume des glaciers suisses a déjà disparu.
  • Trajectoire actuelle : + 2,6 °C d'ici 2100.
  • Au Népal, un éboulement glaciaire en août a fait plus de 1 500 morts et 5 000 disparus.
Indicateur Situation actuelle Scénario à + 2,8 °C
Montée des mers 0,45 cm par an 5 cm par an d'ici 2150
CO2 rejeté par le permafrost Dégel déjà en cours Autant que les émissions annuelles actuelles des États-Unis
Réchauffement mondial + 1,37 °C + 2,8 °C de façon prolongée
Récupération des glaces Dégâts déjà visibles Plusieurs décennies, voire des siècles

Un seuil de stabilité fixé à 1 °C ou moins

Pour rester stable, la cryosphère aurait besoin d'un réchauffement limité à 1 °C ou moins. Or le thermomètre mondial affiche déjà + 1,37 °C.

Le service européen Copernicus prévoit que la barre des 1,5 °C sera franchie vers 2030. L'écart entre ce dont la glace a besoin et la réalité se creuse donc.

James Kirkham, auteur principal, estime que les températures doivent être ramenées bien en dessous de 1,5 °C, et aussi vite que possible, pour limiter les pertes de glace.

Le recul des glaciers, le dégel du permafrost et la montée des mers risquent d'aggraver les inondations, les manques d'eau et les déséquilibres de la nature.

À lire aussi : Trois vivaces de 60 cm à 1,50 m pour rallumer la berge de votre bassin en fleur entre octobre et novembre.

Des points de rupture difficiles à rattraper

Selon James Kirkham, chaque fraction de degré en plus et chaque année passée au-dessus du seuil rendront les conséquences plus lourdes.

Les spécialistes insistent aussi sur un autre aspect. Si la température redescend tard, la récupération des glaces sera très lente.

Revenir sous 1,5 °C ne suffit pas à tout effacer

Pour les grandes calottes glaciaires, la glaciologue Chen Zhao prévient que faire baisser le réchauffement moyen n'effacera pas les dégâts subis pendant la période de dépassement.

Il reste toutefois de minces lueurs d'espoir. La banquise arctique et certains massifs montagneux pourraient se reconstituer si le réchauffement repasse vite sous 1,5 °C, voire sous 1 °C.

Le climatologue Matthew England nuance cet espoir. Selon lui, la reconstitution ne suit pas le même rythme que le déclin et peut demander plusieurs décennies, voire des siècles.

Autrement dit, la glace fond vite mais se reforme très lentement. Ce décalage explique pourquoi les scientifiques parlent de dommages durables.

Selon les rapports de l'ONU, le seuil de 1,5 °C reste un cap politique, mais il est déjà trop élevé pour les glaciers.

Le scénario à + 2,8 °C et l'urgence sur les énergies fossiles

Le second rapport explore un scénario plus sombre : une hausse prolongée des températures jusqu'à + 2,8 °C. Les chiffres donnent la mesure du risque.

Dans ce cas, les mers monteraient de 5 cm par an d'ici 2150, contre 0,45 cm par an aujourd'hui. Le permafrost relâcherait chaque année autant de CO2 que les États-Unis actuellement.

Ce scénario n'a rien de fantaisiste. Les trajectoires actuelles mènent la planète vers + 2,6 °C d'ici 2100, un niveau proche de celui étudié.

Pour James Kirkham, un dépassement temporaire de 1,5 °C ne rend pas l'Accord de Paris inutile. Au contraire, il le rend encore plus urgent. Les rapports jugent que des mesures franches sur les fossiles peuvent encore réduire nettement les dommages. Le chercheur Gunjan Silwal rappelle l'éboulement glaciaire survenu en août au Népal, avec plus de 1 500 morts et 5 000 disparus, qu'il qualifie d'avant-goût.

À lire aussi : À Marmande, une chatte amputée d'une patte arrière après un accident vit désormais dans le hall de la clinique vétérinaire qui l'a soignée.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si on dépasse 1,5 °C de réchauffement ?

Selon deux rapports de l'ONU, les glaces et les mers polaires subiront des dégâts importants et souvent irréversibles. Le recul des glaciers, le dégel du permafrost et la montée des mers pourraient aggraver inondations et pénuries d'eau.

Quand le seuil de 1,5 °C sera-t-il franchi ?

Le service européen Copernicus prévoit un franchissement vers 2030. La planète affiche déjà + 1,37 °C de réchauffement.

C'est quoi la cryosphère ?

Ce sont les régions de la planète où l'on trouve de la neige, de la glace ou des sols gelés. Elle comprend les pôles, les glaciers de montagne et le permafrost.

Les glaciers peuvent-ils se reformer si la température baisse ?

Une partie pourrait se reconstituer si le réchauffement revient vite sous 1,5 °C ou 1 °C. Mais selon le climatologue Matthew England, cela peut prendre des décennies, voire des siècles.

De combien la mer pourrait-elle monter ?

Dans un scénario à + 2,8 °C, les mers monteraient de 5 cm par an d'ici 2150. Aujourd'hui, la hausse est de 0,45 cm par an.

Combien de glace les glaciers suisses ont-ils perdu ?

Environ 20 % du volume des glaciers suisses a déjà disparu. Les rapports de l'ONU citent cet exemple comme preuve que les dégâts sont déjà visibles.

Suivi de l'histoire

Partager :WhatsAppFacebookX
Emilie Morlaes
Emilie Morlaes

Émilie Morlaes a toujours été passionnée par l'écologie et par une façon de vivre plus simple : produits sans chimie, bio, fait maison, consommation raisonnée. Ancienne gérante d'un salon de coiffure à La Grande-Motte, elle suit de près tout ce qui touche à l'environnement, à l'alimentation et aux produits du quotidien, et partage ici ce qui change concrètement pour vous.

Articles: 800
Alternatiba news est un média édité par Lead Lagoon · Nos autres sites : Bohémiennes Actualités
Directeur de la publication : Stéphane Dubart, CEO de Lead Lagoon