Un gel à base de désoxyribose, un sucre présent dans notre ADN, a fait repousser 80 à 90 % des poils chez des souris chauves

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Un sucre que notre corps fabrique lui-même pourrait un jour aider à lutter contre la calvitie. Des chercheurs britanniques et pakistanais ont testé un gel à base de désoxyribose sur des souris, avec des résultats qui intriguent.

L’essentiel en 3 points

  • Un gel au désoxyribose, sucre présent dans l'ADN, a provoqué une repousse de 80 à 90 % des poils chez des souris atteintes de calvitie masculine.
  • Son efficacité s'est révélée comparable à celle du minoxidil, un traitement déjà vendu en pharmacie.
  • Les essais n'ont concerné que des souris mâles et des études chez l'humain restent indispensables avant toute conclusion.

La chute de cheveux, un problème qui touche hommes et femmes

Le mot alopécie désigne toute perte de cheveux ou de poils, quelle que soit son origine. La forme la plus connue est l'alopécie androgénétique masculine, que l'on appelle couramment calvitie.

Elle devient fréquente chez les hommes à partir de la quarantaine. Mais les femmes ne sont pas à l'abri pour autant, loin de là.

Selon la source, près de 40 % des femmes présentent des signes de perte de cheveux après 50 ans. Un chiffre qui montre l'ampleur d'un phénomène souvent vécu en silence.

En 2015, un sondage Ifop indiquait aussi que 13 % des Français déclaraient perdre leurs cheveux, avec une majorité d'hommes parmi eux.

Un sucre déjà présent dans notre ADN a fait repousser la fourrure de souris aussi bien qu'un traitement vendu en pharmacie.

Une découverte née d'un heureux hasard

Tout a commencé dans un laboratoire qui ne s'intéressait pas du tout aux cheveux. Les chercheurs étudiaient la cicatrisation des plaies chez la souris.

Pour cela, ils appliquaient localement du désoxyribose, un sucre naturellement présent dans notre ADN. Ils ont alors remarqué un détail inattendu autour des blessures traitées.

La fourrure y repoussait plus vite qu'ailleurs sur le corps des animaux. Cette observation a poussé l'équipe à explorer l'effet de ce sucre sur la pousse des poils.

  • Le désoxyribose est un sucre que le corps produit naturellement et qui entre dans la composition de l'ADN.
  • Le gel testé est biodégradable et non toxique, appliqué directement sur la peau.
  • Chez les souris, la repousse a atteint 80 à 90 %, comme avec le minoxidil.
  • Aucun effet secondaire n'a été signalé à ce stade, selon les chercheurs.
  • Seules des souris mâles ont été testées, l'efficacité chez les femmes reste à étudier.
  • Aucun produit n'est disponible : il faut attendre des essais cliniques chez l'humain.
Critère Gel au désoxyribose Minoxidil (Rogaine)
Origine Sucre naturel présent dans l'ADN Médicament de synthèse
Repousse chez la souris 80 à 90 % 80 à 90 %
Mode d'application Gel sur la peau Application locale
Disponibilité Stade de recherche Déjà commercialisé

Deux universités associées dans ce travail

L'étude réunit l'université de Sheffield et l'université Comsats, au Pakistan. Elle a été publiée en juin dans la revue Frontiers in Pharmacology.

L'ingénieure tissulaire Sheila MacNeil, de Sheffield, estime que la solution pourrait être aussi simple qu'un sucre naturel stimulant l'irrigation sanguine des follicules pileux.

Des résultats proches des traitements existants

Pour vérifier leur intuition, les scientifiques ont mis au point un gel biodégradable et non toxique contenant du désoxyribose. Ils l'ont appliqué chaque jour sur la peau de souris mâles.

Ces animaux souffraient d'une perte de poils provoquée par la testostérone, un modèle proche de la calvitie masculine. En quelques semaines, une repousse décrite comme robuste est apparue.

Les poils obtenus étaient longs et épais dans les zones traitées. Un résultat qui a surpris par sa netteté.

Une comparaison avec le minoxidil

Le gel a été comparé au minoxidil, commercialisé sous le nom de Rogaine et appliqué directement sur le cuir chevelu. Les deux options ont permis une repousse de 80 à 90 % chez les souris.

Fait notable, associer les deux traitements n'a pas amélioré les résultats de façon significative. Le gel sucré semble donc tenir la comparaison à lui seul.

Les chercheurs eux-mêmes rappellent que leurs travaux n'en sont qu'au début et doivent encore être confirmés chez l'humain.

Ce que l'on sait encore mal, et les pistes pour la suite

Le mécanisme exact qui relance la pousse reste à éclaircir. Les chercheurs ont toutefois observé davantage de vaisseaux sanguins et de cellules cutanées autour des zones traitées.

Selon les auteurs, une meilleure irrigation du bulbe capillaire augmente son diamètre et renforce la croissance du cheveu. C'est la piste privilégiée pour expliquer l'effet du gel.

Le Dr Muhammad Anjum, chercheur en biomatériaux à l'université Comsats et coauteur, souligne l'intérêt de ces travaux dans un domaine peu étudié. Le gel pourrait aussi aider les cils, sourcils et cheveux à repousser après une chimiothérapie.

Sheila MacNeil reste prudente : la recherche en est à un stade très précoce. Des essais cliniques chez l'humain seront nécessaires, et toute personne concernée doit d'abord en parler à un médecin ou un dermatologue.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le désoxyribose ?

C'est un sucre que notre organisme produit naturellement. Il fait partie de la structure de l'ADN.

Un gel au sucre peut-il faire repousser les cheveux ?

Chez des souris mâles, un gel au désoxyribose a provoqué une repousse de 80 à 90 % des poils. Rien n'est encore prouvé chez l'humain.

Le gel au désoxyribose est-il aussi efficace que le minoxidil ?

Dans l'étude, les deux traitements ont donné des résultats comparables chez la souris. Les associer n'a pas apporté de gain significatif.

Peut-on acheter ce gel contre la calvitie ?

Non, il s'agit d'une recherche à un stade très précoce. Des essais cliniques chez l'humain sont encore nécessaires.

Ce traitement pourrait-il aider après une chimiothérapie ?

Les chercheurs évoquent cette piste pour les cheveux, cils et sourcils. Elle reste à vérifier, et il faut en parler à son équipe médicale.

Les femmes sont-elles concernées par la calvitie ?

Oui, près de 40 % des femmes montrent des signes de perte de cheveux après 50 ans. Un dermatologue peut aider à en identifier la cause.

Suivi de l'histoire

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Emilie Morlaes
Emilie Morlaes

Émilie Morlaes a toujours été passionnée par l'écologie et par une façon de vivre plus simple : produits sans chimie, bio, fait maison, consommation raisonnée. Ancienne gérante d'un salon de coiffure à La Grande-Motte, elle suit de près tout ce qui touche à l'environnement, à l'alimentation et aux produits du quotidien, et partage ici ce qui change concrètement pour vous.

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