Emilie Morlaes

Emilie Morlaes

Émilie Morlaes a toujours été passionnée par l'écologie et par une façon de vivre plus simple : produits sans chimie, bio, fait maison, consommation raisonnée. Ancienne gérante d'un salon de coiffure à La Grande-Motte, elle suit de près tout ce qui touche à l'environnement, à l'alimentation et aux produits du quotidien, et partage ici ce qui change concrètement pour vous.
Elle paille ses poireaux avec la tonte fraîche de sa pelouse : trois semaines plus tard, les feuilles jaunissent au lieu de pousser vers le ciel

Elle paille ses poireaux avec la tonte fraîche de sa pelouse : trois semaines plus tard, les feuilles jaunissent au lieu de pousser vers le ciel

Il était sept heures, un matin de juin, et la tondeuse venait de se taire au fond du jardin. Josiane poussait la brouette pleine d'herbe tiède, l'odeur verte collée aux mains. Elle s'agenouilla devant les rangs de poireaux, étala la tonte à pleines poignées, bien épaisse. Ce geste-là, elle le croyait sage et économe, le genre de geste qui ne trompe pas.

Il brûle ses feuilles mortes au fond du jardin comme son père : un voisin lui parle d'une amende de 450 euros glissée sous la haie

Il brûle ses feuilles mortes au fond du jardin comme son père : un voisin lui parle d’une amende de 450 euros glissée sous la haie

Un dimanche de novembre, vers dix heures, le râteau de Gérard grince sur l'herbe mouillée. Au fond du jardin, près du vieux prunier, le tas de feuilles atteint presque ses genoux. Il sort de sa poche la boîte d'allumettes, celle de la cuisine, et craque la première. Une odeur douce et âcre monte, la même que dans son enfance.

Elle donne 20 000 euros à sa petite-fille pour son premier appartement : un an plus tard, une lettre du fisc arrive dans sa boîte

Elle donne 20 000 euros à sa petite-fille pour son premier appartement : un an plus tard, une lettre du fisc arrive dans sa boîte

Il était un peu plus de dix heures, ce mardi de mars, quand Monique a entendu le clapet de la boîte aux lettres claquer contre la porte. Elle a posé son bol de café sur la toile cirée, enfilé ses chaussons et traversé le couloir carrelé. Parmi les prospectus, une enveloppe blanche à fenêtre portait le logo de la Direction générale des finances publiques.

Il remplace son vieux grillage par une palissade en bois de 1,80 m : trois semaines plus tard, la mairie lui réclame une déclaration jamais déposée

Il remplace son vieux grillage par une palissade en bois de 1,80 m : trois semaines plus tard, la mairie lui réclame une déclaration jamais déposée

Samedi, huit heures et quart, la visseuse grésillait déjà au fond du jardin. Gérard, genoux dans l'herbe mouillée, alignait la troisième lame de pin traité contre son poteau, le niveau à bulle posé en équilibre sur l'épaule. Derrière lui, le vieux grillage vert gisait roulé en boule près du composteur. Chantal apportait deux cafés, et le clocher de l'église sonnait la demie.

Il nettoie chaque automne ses gouttières bouchées par le chêne du voisin : la facture qu'il voulait lui présenter ne tient pas devant un juge

Il nettoie chaque automne ses gouttières bouchées par le chêne du voisin : la facture qu’il voulait lui présenter ne tient pas devant un juge

Un samedi de novembre, vers dix heures, l'échelle d'aluminium grinçait contre la façade. Gilles, gants de jardin aux mains, plongeait le bras dans la gouttière et en ressortait une bouillie brune, froide, qui sentait la terre mouillée. Au-dessus de lui, le chêne du voisin agitait ses dernières feuilles dans le vent. Une nouvelle pluie s'annonçait pour le soir, et l'eau débordait déjà.

Elle fait réparer son lave-linge de sept ans en panne : sur la facture, une ligne déduite qu'elle n'avait jamais demandée au technicien

Elle fait réparer son lave-linge de sept ans en panne : sur la facture, une ligne déduite qu’elle n’avait jamais demandée au technicien

Un dimanche matin de novembre, vers neuf heures, la machine a poussé un long grincement métallique avant de s'arrêter net. Dans la buanderie de sa maison de Villeurbanne, Claire s'est accroupie devant le hublot. Le linge baignait dans une eau grise, immobile, et une odeur de caoutchouc chaud flottait dans la petite pièce sans fenêtre.

Elle vide son placard chaque mois et jette pâtes, riz et biscuits : sa fille lui montre une mention écrite en tout petit sur le paquet

Elle vide son placard chaque mois et jette pâtes, riz et biscuits : sa fille lui montre une mention écrite en tout petit sur le paquet

Dimanche, neuf heures et quart, la radio grésille sur le rebord de la fenêtre de la cuisine. Martine, 58 ans, ouvre le placard du haut et sort les paquets un à un, comme chaque premier dimanche du mois. Elle retourne chaque boîte, plisse les yeux sous ses lunettes, puis laisse tomber un sachet de riz dans le grand sac posé à ses pieds.

À 67 ans, elle hérite du studio de sa tante pour arrondir sa retraite : l'agence refuse de publier l'annonce à cause d'une lettre

À 67 ans, elle hérite du studio de sa tante pour arrondir sa retraite : l’agence refuse de publier l’annonce à cause d’une lettre

Il était un peu plus de neuf heures, un mardi d'octobre, quand Monique a tourné la clé dans la serrure du troisième étage. L'odeur de lavande et de vieux papier l'a saisie aussitôt. Sur la table en formica, la boîte à biscuits de sa tante Jeanne attendait toujours, avec ses factures pliées en quatre. Le radiateur électrique, sous la fenêtre, a claqué en refroidissant.

Il verse du bicarbonate et du vinaigre dans son évier bouché : la mousse déborde pendant dix minutes, l'eau grise reste immobile au fond

Il verse du bicarbonate et du vinaigre dans son évier bouché : la mousse déborde pendant dix minutes, l’eau grise reste immobile au fond

Il était sept heures et demie, un mardi de novembre, et la cuisine sentait encore le gratin de la veille. Gilles tenait la casserole au-dessus de l'évier, les manches retroussées. L'eau grise stagnait, immobile, avec quelques grains de riz qui tournaient lentement. Un petit glouglou remonta du siphon, comme un soupir, puis plus rien. Il posa la casserole et alla chercher le paquet de bicarbonate.

Elle passe chaque soir du vinaigre blanc sur son plan en marbre : six mois plus tard, la pierre est terne et criblée de petits trous

Elle passe chaque soir du vinaigre blanc sur son plan en marbre : six mois plus tard, la pierre est terne et criblée de petits trous

Il est vingt-deux heures, la hotte ronronne encore au-dessus des plaques tièdes. Claire pulvérise trois jets de vinaigre blanc sur le marbre clair, l'odeur aigre lui pique un peu le nez. Elle frotte en cercles avec une microfibre bleue, écoute le chiffon couiner sur la pierre. Ce geste, elle le répète tous les soirs depuis l'automne, avec la satisfaction tranquille de celle qui a enfin bien fait.

Il brûle ses feuilles mortes au fond du jardin comme son père : une heure plus tard, un agent municipal sonne au portail avec un carnet

Il brûle ses feuilles mortes au fond du jardin comme son père : une heure plus tard, un agent municipal sonne au portail avec un carnet

Il était un peu plus de dix heures, un dimanche de novembre, et la brume collait encore aux haies. Au fond du jardin, Gérard a craqué l'allumette sous le tas de feuilles de chêne, accroupi, les genoux dans l'herbe mouillée. La fumée blanche est montée lentement, avec cette odeur douce qu'il connaissait depuis l'enfance. Il s'est relevé, satisfait, le râteau à la main.

Il pose chaque soir une soucoupe de lait pour le hérisson du jardin : trois semaines plus tard, l'animal titube sur la pelouse, le ventre creux

Il pose chaque soir une soucoupe de lait pour le hérisson du jardin : trois semaines plus tard, l’animal titube sur la pelouse, le ventre creux

Vingt-deux heures, une lampe de jardin qui grésille au-dessus de la porte-fenêtre. Gérard pose la soucoupe ébréchée sur la dalle, juste à côté du pot de romarin, et verse le lait d'un geste lent. Puis il éteint, s'assoit dans le noir derrière la vitre. Dans la haie de troènes, un froissement de feuilles sèches, un petit souffle, et le hérisson apparaît.

Elle installe une cuve d'eau de pluie pour son potager : fin septembre, sa terrasse est envahie de moustiques tigres venus de tout près

Elle installe une cuve d’eau de pluie pour son potager : fin septembre, sa terrasse est envahie de moustiques tigres venus de tout près

Sept heures du soir, fin septembre, et la lumière dorée traînait encore sur les tomates qui finissaient de mûrir. Claire posa le plat de courgettes sur la table de la terrasse, tira sa chaise, et entendit ce petit sifflement aigu près de son oreille. Elle frappa sa cheville sans regarder. Puis son mollet. Puis son bras, où une tache noire et blanche venait de se poser.

Elle récupère un chaton gratuit sur un site d'annonces : chez le vétérinaire, impossible de mettre l'animal à son nom

Elle récupère un chaton gratuit sur un site d’annonces : chez le vétérinaire, impossible de mettre l’animal à son nom

Il était presque dix-neuf heures, un mardi de mai, et la cage de transport sentait encore le plastique neuf. Camille, 34 ans, attendait sur un trottoir de Villeurbanne, devant un immeuble aux volets bleus. Au troisième étage, une fenêtre s'est ouverte, une voix a lancé un prénom, puis un miaulement minuscule a traversé la cour. Elle a souri sans même voir le chaton.